Muser (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
XII e siècle. Dérivé de mus , ancienne forme de museau , ce verbe signifiant proprement « rester le museau en l'air ». Flâner, passer son temps à des riens ou sans rien faire. Cet écolier ne fait que . Muser à son aise. (On dit plus couramment Musarder .)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Flâner, perdre son temps à des riens. "Cet écolier ne fait que ." On dit aussi MUSARDER.
MUSER, en termes de Chasse, se dit du Cerf qui entre en rut. "Les cerfs commencent à ."



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 


S'amuser, perdre son temps à des riens.
J. J. ROUSS.: « Cet arrangement, qui devenait pour moi l'oeuvre de Pénélope, me donnait le plaisir de quelques moments »
PICARD: « Avec lui tu pourras, sans te compromettre, faire de la musique, te promener, t'égarer, enfin tout à ton aise »
P. L. COUR.: « Je m'en vais musant et baguenaudant jusqu'à Naples »
    Impersonnellement, au passif. C'est assez musé, on a assez musé, perdu de temps.

PROVERBE Qui refuse, muse, c'est-à-dire en refusant une offre, on perd une occasion qu'on ne retrouvera plus.
SCARR.: « Je lui dis : homme qui refuse Ordinairement après muse »
LA FONT: « Tel refuse qui après muse »
LEGRAND: « Tu veux de moi ; Je veux de toi ; Voilà ma foi ; Qui refuse, muse »
    Cette locution trouve son explication dans les vers de Scarron : elle signifie que celui qui refuse est ensuite dans la situation de l'homme qui muse, qui perd son temps.
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Berte, XVII: Tout ce li disoit ele pour li faire , Pour avoir plus d'espace de leur chose areer
     la Rose, 1501: Il [Narcisse] musa tant à la fontaine Qu'il ama son umbre demaine
     ib. 7241: Qu'il ne m'i convient plus , Ne mon tems en gloses user
J. DE MEUNG: « Qui en sa conscience voudroit souvent , Assez y troveroit de quoi soi accuser »
     Lai du conseil: Dame, gardez-vous de la bée [l'attente, l'action d'être béant après], Qui en maint leu par la contrée S'arest et fet la gent
    XVème siècle
FROISS.: « Elle s'en revint devers le roi, qui encore pensoit et musoit fortement »
E. DESCH.: « Je ne veul plus, dame, sur vous ; Vous povez bien querir autre musart ; Car m'aperçoy qu'on m'a fait a »
    XVIème siècle
MARG.: « Tel refuse qui après muse »
MONT.: « Pendant le parlement [capitulation] et qu'ils musoient sur leur seuretez »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, mûzer, être triste, mus', morne, taciturne ; provenç. musar, muzar ; anc. espagn. musar ; ital. musare. Origine incertaine. Diez y voit un dérivé du radical mus, museau ; de sorte que serait tenir le museau béant, la bouche béante. D'autres y voient le latin mussare, parler entre les dents, hésiter ; mais les lettres et même le sens concordent mal. Huet alléguait le latin musa, muse ; serait se livrer aux muses, à l'étude, à la contemplation, etc. Les patois suisses ont musen, être triste, mus, mélancolie, qu'on peut rapprocher des significations wallonnes. Enfin l'allemand offre Musse, loisir, anc. haut all. muezôn, être oisif ; ce qui est la dérivation la plus probable.


2ème définition d'Emile Littré

Verbe 


Terme de vénerie. Être près d'entrer en rut, en parlant du cerf.

ÉTYMOLOGIE
    Muse 2.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. MUSER. - ÉTYM. Ajoutez : On a voulu rattacher au latin musinari, qui signifie faire lentement, perdre le temps en bagatelles, ; mais d'abord musinari aurait donné musner ; puis c'est une leçon douteuse ; la forme habituelle est muginari.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


S'a et perdre son temps à des riens. "Cet homme ne fait que ." Il est familier.
Prov., "Qui refuse, muse," Souvent celui qui refuse une offre, perd une occasion qu'il ne retrouvera plus.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Vénerie, se dit Du cerf qui est près d'entrer en rut. "Les cerfs commencent à ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


S'a à toute autre chose qu'à ce qu'on doit faire. Il est familier. "Cet homme ne fait que muser. Qui refuse, muse," pour dire, que Celui qui refuse quelque offre, perd souvent une occasion qu'il ne retrouve plus; et il se dit ordinairoment d'Une fille qui ne trouve plus à se marier après avoir refusé plusieurs partis.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



MUSER, en termes de Vénerie, se dit Du cerf qui est près d'entrer en rut. "Les cerfs commencent à ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Vieux mot dont on se servoit autrefois, pour dire, S'arrêter à toute autre chose qu'à ce qu'on avoit à faire; & il se disoit proprement Des valets, qui au lieu de faire leurs commissions, s'amusoient à causer, à boire, &c. Il n'est plus guère en usage que dans ce proverbe, "Qui refuse, muse," pour dire, que Celui qui refuse quelque offre, perd souvent une occasion qu'il ne retrouve plus; & il se dit ordinairement d'Une fille qui ne trouve plus à se marier après avor refusé plusieurs partis.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


En termes de Vénerie, se dit Du cerf qui est prêt d'entrer en rut. "Les cerfs commencent à ."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Ne faire pas diligence, tarder, estre trop lent. Il n'est plus en usage que dans cette phrase proverbiale, "Qui refuse muse". On le dit particulierement des filles qui demeurent à marier aprés avoir refusé de bons partis.




Emplacement dans le dictionnaire :

musculosité
mûse
muse
museau
musée
museler
mûselière
museliere
muselière

muserolle
musette
muséum
musical
musicalement
musicien
musico
musique
musiquer
musiquette
musoir




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edgar QUINET (Allemagne et Italie)

...stalactites rugueuses, qui affectent mille formes bizarres, tout était couleur de bleu de ciel. Ce doit être là la conque de saphir de la sirène de Naples. Le peintre commença à dessiner et nous à muser, sans que personne s'aperçût que le vent soufflait au dehors. Quand nous en fîmes la remarque, il était trop tard ; l'orage s'était levé. Des flancs de la montagne sortaient des mugissemens comme...


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